Thursday, February 7, 2013

ADIEU CAMARADE



J’ai trouvé très instructif de dresser un petit parallèle avec la révolution française en ce qui concerne les assassinats politiques et la radicalisation du courant révolutionnaire.

L'assassinat de Jean-Paul Marat par Charlotte Corday, par un coup de couteau dans son bain, avait marqué le déclenchement du règne de la "terreur" (ou répression).
Marat était une figure du radicalisme révolutionnaire représenté par les Montagnards, qui venaient d’éliminer les Girondins (dont Charlotte Corday était une sympathisante). Le Jacobin Robespierre n'a pas manqué de sauter sur l'occasion pour assoir plus fermement son pouvoir. Il déclara quelques jours après l'assassinat: 
« Que le glaive de la loi, planant avec une rapidité terrible sur la tête des conspirateurs, frappe de terreur leurs complices ! Que ces grands exemples anéantissent les séditions par la terreur qu’ils inspireront à tous les ennemis de la patrie ! »
Deux mois après, le gouvernement révolutionnaire est proclamé (10 Octobre 1793), la constitution et les libertés suspendues en attendant le retour de l’ordre et de la paix. Robespierre prit définitivement l'ascendant sur la multitude de ses adversaires politiques lors de son discours prononcé le 25 décembre 1793 à la Convention nationale:

« Le but du gouvernement constitutionnel est de conserver la République ; celui du gouvernement révolutionnaire est de la fonder. […] Le gouvernement révolutionnaire doit au bon citoyen toute la protection nationale ; il ne doit aux Ennemis du Peuple que la mort. Ces notions suffisent pour expliquer l’origine et la nature des lois que nous appelons révolutionnaires […]. Si le gouvernement révolutionnaire doit être plus actif dans sa marche et plus libre dans ses mouvements que le gouvernement ordinaire, en est-il moins juste et moins légitime ? Non ; il est appuyé sur la plus sainte de toutes les lois : le salut du Peuple. »
Il s'en suivit une période sombre de terreur et répression aveugle qui fera selon les estimations 100 000 victimes massacrées ou exécutées (dont 16 000 guillotinées et 30 000 fusillées) et plus de 500 000 prisonniers. Cet événement aura marqué le durcissement du mouvement révolutionnaire au point qu’une centaine d'années plus tard, en 1921, le régime soviétique baptisera un cuirassé du nom de Marat. Marat est même emprunté comme prénom en Russie (comme Marat Safin joueur de tennis).
Quelles leçons doit on tirer de ce parallèle? 
On est indiscutablement témoin d'un tournant grave dans le cours de la révolte tunisienne. Désormais, il faudra être doublement attentif à la récupération politique et médiatique de cette tragédie nationale. Récupération qui ne fera que déboucher sur une radicalisation et une polarisation aigue. L'exploitation de l'assassinat de Chokri Belaid pour des fins politiques n'engendrera que plus de sang et de violence et guidera le mouvement révolutionnaire vers un cours irréversible qui enlisera le pays dans une spirale de terreur. Force est de constater qu'un gouvernement apolitique nous évitera certainement de sombrer dans ses abysses; et Jbeli, pour une fois, semble clairvoyant. Non pas que je défende un parti ou l'autre, loin de la!
Outre le crime lâche, il est d’autant plus affligeant d'observer les réactions des divers leaders politiques et l’horrible traitement médiatique. Il est répugnant de voir nos politiciens s'accuser mutuellement, se chamailler comme des petits écervelés, incapable de cerner la gravité de la situation. Plusieurs n'ont pas hésité à se montrer à la télé ou à donner des entrevues explosives aux radios qui cherchaient plus de sensationnalisme que d'info. N'eut t-il pas été plus judicieux d'observer le silence; de respecter le deuil du pays et de la famille. La cupidité est allé jusqu’au point d'interviewer la jeune fille du martyr. N’eut il pas été plus instructif de chercher à dresser un portrait des assassins, le type de motocyclette utilisée, sa couleur, etc. Les voix se sont élevées de toutes parts demandant la dissolution du gouvernement. N’eut il pas été plus sage d’attendre que la victime retrouve son ultime demeure?! Aurait-il fallu rappeler à ces hordes que le souhait du martyr lors de l'une de ses dernières apparitions télévisées était un moratoire et un débat à propos de la violence politique ? Au lieur de cela, on n’a pas trouvé mieux que de continuer des disputes stériles, de forme comme de contenu, alimentées par des medias rapaces assoiffés de fournir un spectacle romain à une population terrassée et perdue. N’eut il pas été plus patriote d'appeler à observer une journée de deuil national, une journée de réflexion et de réconciliation accompagnée d'une pause et d'un cessez-le-feu politique?!
Ah non, il fallait crier, se déchirer, s'accuser, se battre, s’indigner, condamner, menacer, s'enrager et ce pendant que le sang n'ait pas encore séché.
Ce soir je ne peux que sentir un chagrin immense, une tristesse infinie. Il est grand temps de faire le constat douloureux de l'échec cuisant de l'entière classe politique (tout en respectant son passé noble de militantisme), tout courant confondu. Classe politique avide de pouvoir, opportuniste et populiste, déconnectée des réelles aspirations populaires. Une classe politique et médiatique qui ne sait même pas respecter un deuil ou observer le deuil de son échec. Il est grand temps que vous vous éclipsiez et que vous laissiez l'espace à une jeunesse plus dynamique et plus enracinée dans les besoins de la société d'aujourd'hui; à une jeunesse qui a soif de liberté et de justice et qui a à cœur la souffrance des dépourvus à l'image de Chokri Belaid. Sur cet espoir d’un renouveau, d’une renaissance que tu as déclenché, il ne me reste plus que te saluer camarade…Adieu camarade, ton nom restera à jamais gravé dans notre mémoire.

Wednesday, April 6, 2011

Cri de Munch

Je me baladais au bord d’un lac au moment du crépuscule. Le soleil disparaissait peu à peu signifiant la fin d une autre journée post-révolution. Soudain le ciel prit une couleur rougeâtre. Les derniers rayons lumineux que le soleil peinait à lancer vinrent se réfléchir sur l’eau tranquille du lac. Et comme l’avait si bien noté Evard Munch, '‘des langues de feu’' semblèrent tout d’un coup émaner de cette eau, pourtant si pacifique, il ya si peu. L’eau bleuâtre prit une couleur de sang, qui pour une raison qui m’est inconnue, vint me rappeler le sang de nos martyrs. Je m’arrêtai ébloui. Je sentis ce cri silencieux me traverser l’âme. ‘‘Je commençai à trembler d’anxiété’’. Le soleil disparaissait peut à peu. L’horizon s’assombrissait. L’eau continuait son murmure nonchalant, en devenant noir. Je n’arrivais plus à y voir clair. Où est passé ce rouge vif?!!...Ce sang déversé avec autant de fougue...? Je refuse de croire que cela nous mène aux ténèbres. Se peut-il que ce ne soit que la fatalité de la nuit après le jour. Je sentis une envie de crier pour supplier le soleil de relancer ses rayons dans la noirceur, éclairer l’obscurité et transpercer l’opacité de la nuit tombante. Seul un silence pesant m’assourdit. Je me dépêche de retourner à mon bureau. Hors d’haleine, je décidai de faire crier mon clavier:

Je veux y voir clair.

Je veux voir ce brouillard à couper au couteau, qui a envahit le matin de notre révolution, se dissiper.

Dans tous les pays démocratiques du monde (et particulièrement ceux qui sont dignes de ce nom) les débats parlementaires, ou d’une quelconque commission, sont transmis et retransmis dans un canal télévisé dédié. En fin de compte, c’est le peuple souverain qui envoie "Ces gens-là", s’exprimer à son nom et non à son insu !!
Alors le peuple a le droit de savoir ce qui se raconte et ce qui se manigance! C’est d’une importance capitale!!! C est au cœur même de notre démocratie balbutiante.

Je répète haut et fort : "Ces gens-là", ne sont là que parce que le peuple le veut.

Force est de constater qu’une couverture télévisée aidera à développer une certaine conscience politique encore naissante. Cela nous éclairera sur les choix qui s’imposeront dans un futur proche. Et surtout, "Ces gens-là" sentiront le poids de leur responsabilité sachant qu’ils auront des comptes à rendre à tout instant.

JE VEUX VOIR qui manigance ?

JE VEUX SAVOIR qui s'associe avec qui ?

JE VEUX SUIVRE le feuilleton des manipulations et des deal politiques qui se font;

parce que cela me concerne moi, ma famille, ma ville, ma région, mon peuple et ma nation.

Ce n'est surtout pas le privilège d'une poignée de technocrates, d'ex-prisonniers politiques, de journalistes maltraités, de bloggeur opprimé, d’artiste censuré ou qui que ce soit!!! Vous êtes là pour faire un travail qui vous a été assigné par LE PEUPLE pour LE PEUPLE.

Alors on exige plus de transparence et de détails. On demande au moins une transmission radio des débats à défaut de couverture télévisée. Cela me hante, jusque dans mon sommeil, de savoir que des décisions aussi importantes et primordiales pour notre futur et le futur de nos enfants sont en train de se prendre derrière le rideau...Ce rideau de fer que nos martyrs ont essayé d’arracher en donnant leur vie mais qui persiste encore et encore…

Tuesday, March 29, 2011

Blogging on the Go from my Droid. What an awesome feeling. Love you google!!

Friday, March 25, 2011

يا ستار يا جبار

عا الوليد بن يزيد ذات ليلة يمصحف فلما فتحه وافق ورقة فيها '' وخاب كل جبار عنيد من ورائه جهنم ويسقى من
''ماء صديد
فقال علقوه ثم أخذ القوس والنبل فرماه حتى مزقه ثم قال
أتوعد كل جبار عنيد *** فها أنا ذاك جبار عنيد
إذا لاقيت ربك يوم حشر*** فقل لله مزقني الوليد