J’ai trouvé très instructif de dresser un petit parallèle avec la révolution française en ce qui concerne les assassinats politiques et la radicalisation du courant révolutionnaire.
L'assassinat de Jean-Paul Marat par Charlotte Corday, par un coup de couteau dans son bain, avait marqué le déclenchement du règne de la "terreur" (ou répression).
Marat était une figure du radicalisme révolutionnaire représenté par les Montagnards, qui venaient d’éliminer les Girondins (dont Charlotte Corday était une sympathisante). Le Jacobin Robespierre n'a pas manqué de sauter sur l'occasion pour assoir plus fermement son pouvoir. Il déclara quelques jours après l'assassinat:
« Que le glaive de la loi, planant avec une rapidité terrible sur la tête des conspirateurs, frappe de terreur leurs complices ! Que ces grands exemples anéantissent les séditions par la terreur qu’ils inspireront à tous les ennemis de la patrie ! »
Deux mois après, le gouvernement révolutionnaire est proclamé (10 Octobre 1793), la constitution et les libertés suspendues en attendant le retour de l’ordre et de la paix. Robespierre prit définitivement l'ascendant sur la multitude de ses adversaires politiques lors de son discours prononcé le 25 décembre 1793 à la Convention nationale:
« Que le glaive de la loi, planant avec une rapidité terrible sur la tête des conspirateurs, frappe de terreur leurs complices ! Que ces grands exemples anéantissent les séditions par la terreur qu’ils inspireront à tous les ennemis de la patrie ! »
Deux mois après, le gouvernement révolutionnaire est proclamé (10 Octobre 1793), la constitution et les libertés suspendues en attendant le retour de l’ordre et de la paix. Robespierre prit définitivement l'ascendant sur la multitude de ses adversaires politiques lors de son discours prononcé le 25 décembre 1793 à la Convention nationale:
« Le but du gouvernement constitutionnel est de conserver la République ; celui du gouvernement révolutionnaire est de la fonder. […] Le gouvernement révolutionnaire doit au bon citoyen toute la protection nationale ; il ne doit aux Ennemis du Peuple que la mort. Ces notions suffisent pour expliquer l’origine et la nature des lois que nous appelons révolutionnaires […]. Si le gouvernement révolutionnaire doit être plus actif dans sa marche et plus libre dans ses mouvements que le gouvernement ordinaire, en est-il moins juste et moins légitime ? Non ; il est appuyé sur la plus sainte de toutes les lois : le salut du Peuple. »
Il s'en suivit une période sombre de terreur et répression aveugle qui fera selon les estimations 100 000 victimes massacrées ou exécutées (dont 16 000 guillotinées et 30 000 fusillées) et plus de 500 000 prisonniers. Cet événement aura marqué le durcissement du mouvement révolutionnaire au point qu’une centaine d'années plus tard, en 1921, le régime soviétique baptisera un cuirassé du nom de Marat. Marat est même emprunté comme prénom en Russie (comme Marat Safin joueur de tennis).
Quelles leçons doit on tirer de ce parallèle?
On est indiscutablement témoin d'un tournant grave dans le cours de la révolte tunisienne. Désormais, il faudra être doublement attentif à la récupération politique et médiatique de cette tragédie nationale. Récupération qui ne fera que déboucher sur une radicalisation et une polarisation aigue. L'exploitation de l'assassinat de Chokri Belaid pour des fins politiques n'engendrera que plus de sang et de violence et guidera le mouvement révolutionnaire vers un cours irréversible qui enlisera le pays dans une spirale de terreur. Force est de constater qu'un gouvernement apolitique nous évitera certainement de sombrer dans ses abysses; et Jbeli, pour une fois, semble clairvoyant. Non pas que je défende un parti ou l'autre, loin de la!
Outre le crime lâche, il est d’autant plus affligeant d'observer les réactions des divers leaders politiques et l’horrible traitement médiatique. Il est répugnant de voir nos politiciens s'accuser mutuellement, se chamailler comme des petits écervelés, incapable de cerner la gravité de la situation. Plusieurs n'ont pas hésité à se montrer à la télé ou à donner des entrevues explosives aux radios qui cherchaient plus de sensationnalisme que d'info. N'eut t-il pas été plus judicieux d'observer le silence; de respecter le deuil du pays et de la famille. La cupidité est allé jusqu’au point d'interviewer la jeune fille du martyr. N’eut il pas été plus instructif de chercher à dresser un portrait des assassins, le type de motocyclette utilisée, sa couleur, etc. Les voix se sont élevées de toutes parts demandant la dissolution du gouvernement. N’eut il pas été plus sage d’attendre que la victime retrouve son ultime demeure?! Aurait-il fallu rappeler à ces hordes que le souhait du martyr lors de l'une de ses dernières apparitions télévisées était un moratoire et un débat à propos de la violence politique ? Au lieur de cela, on n’a pas trouvé mieux que de continuer des disputes stériles, de forme comme de contenu, alimentées par des medias rapaces assoiffés de fournir un spectacle romain à une population terrassée et perdue. N’eut il pas été plus patriote d'appeler à observer une journée de deuil national, une journée de réflexion et de réconciliation accompagnée d'une pause et d'un cessez-le-feu politique?!
Ah non, il fallait crier, se déchirer, s'accuser, se battre, s’indigner, condamner, menacer, s'enrager et ce pendant que le sang n'ait pas encore séché.
Ce soir je ne peux que sentir un chagrin immense, une tristesse infinie. Il est grand temps de faire le constat douloureux de l'échec cuisant de l'entière classe politique (tout en respectant son passé noble de militantisme), tout courant confondu. Classe politique avide de pouvoir, opportuniste et populiste, déconnectée des réelles aspirations populaires. Une classe politique et médiatique qui ne sait même pas respecter un deuil ou observer le deuil de son échec. Il est grand temps que vous vous éclipsiez et que vous laissiez l'espace à une jeunesse plus dynamique et plus enracinée dans les besoins de la société d'aujourd'hui; à une jeunesse qui a soif de liberté et de justice et qui a à cœur la souffrance des dépourvus à l'image de Chokri Belaid. Sur cet espoir d’un renouveau, d’une renaissance que tu as déclenché, il ne me reste plus que te saluer camarade…Adieu camarade, ton nom restera à jamais gravé dans notre mémoire.
Walid ibn Yazid, peux-tu changer la couleur du fond parce qu'on ne voit rien.
ReplyDeletehahahah j y travaille bro...dans quelques instants
ReplyDeleteVoila c est fait ezzah ca m a pris un temps fou il a fallu que je le fasse en HTML pffff
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